Publié le 23 janvier 2009
3 questions à Didier Reynders, Vice-premier Ministre, Ministre des Finances et Président du Mouvement Réformateur. »
Est-il cohérent, d'un point de vue libéral, que l'Etat soit intervenu dans la crise ?
L'intervention de l'Etat était devenue une nécessité en vue d'éviter les faillites bancaires, de protéger les épargnants, les employés des banques, de soutenir le crédit à l'égard des entreprises, des indépendants, des particuliers et de prendre des mesures en faveur des actionnaires. Le Gouvernement a pris ses responsabilités et continuera de le faire.
Faut-il réguler davantage les marchés ?
Seuls les ignorants déplorent l'absence de mécanismes de régulation du marché. Ce qu'il faut, ce n'est pas nécessairement réguler plus mais réguler mieux. L'Etat doit être à chaque carrefour, mais pas à chaque volant. Un socialiste français, Michel Rocard, a récemment écrit dans « Le Monde » : « La crise actuelle ne remet pas en cause le libéralisme ». Il a entièrement raison. Aujourd'hui, les responsables politiques européens et internationaux qui souhaitent réformer, améliorer le contrôle, la régulation et le fonctionnement du marché sont Libéraux.
Comment sauvegarder le pouvoir d'achat et soutenir les entreprises ?
Le Gouvernement a décidé diverses mesures fiscales en faveur du pouvoir d'achat des travailleurs comme l'indexation des salaires et des barèmes fiscaux. Mais que faire pour celles et ceux qui perdront leur emploi ? Je regrette que la gauche n'ait pas accepté notre proposition de garantir, pendant un certain temps, le pouvoir d'achat de ces personnes en leur octroyant des allocations de chômage élevées, correspondant à peu près à leur salaire. Et en leur assurant un encadrement maximal avec formation et mise en relation avec des employeurs potentiels tout en les prévenant qu'après cette période, l'indemnité de chômage sera réduite.
Pour soutenir l'accès au crédit des entreprises, avec la Ministre des PME, Sabine Laruelle, nous lançons INITIO. Jusqu'ici, les PME qui voulaient un crédit se rendaient dans leur banque qui contactait ensuite le Fonds de Participation. Le nouveau produit inverse la procédure: le demandeur s'adresse d'abord aux Fonds de Participation qui analyse le dossier, donne son accord et peut alors apporter jusqu'à 50% du prêt. Fort de cette participation, le demandeur peut alors se tourner vers sa banque.
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